13 avril 2011

Quand LE nature dénature

Une poignée de truc’iste, bidouill’iste et machin’iste nous explique depuis quelques années, poussée en avant par des Bruno Q. et Marc S. et autres gourous, qu’il faut s’effacer devant Dame Nature.

D’abord limité à un microcosme qui se bornait au 8ème arrondissement parisien, ce laisser faire plutôt que le savoir faire c’est répandu, porté d’abord par un « les vins natures c’est bon pour la biture : chéri(e), avec ces vins je n’ai jamais mal à la tête » ; Des défauts gustatifs se sont proclamés «  styles », justifiant :  colle scotch( acétate), suint de cheval, gouache (Brett), pomme blette, foin mouillé (oxydation), couleurs en vrille (casses en tout genre: protéique,férique cuivrique,oxydasique), moisis (il y a tout un panel), tartre sec, ciment (vieux contenants en tout genre), joint silicone de baignoire (acétique, vinaigre) et en plus de cela en dévoyant la pensée d’un scientifique de renom Mr Jules Chauvet, comme les intégristes la Bible ou le Coran, car trop presser de les assener comme vérité plutôt que de les comprendre, en ont-ils les moyens ?

Quand certains s’acharnent tout au long de leur vie de vigneron, vinificateur et autres acteurs  à préserver le fruit originel : ces aromes primaires du raisin mur que l’on goute avant vendange, les aromes secondaires de macération et de fermentation cher à Mr Jules, à porter au pinacle tout cela par un élevage soigné garant d’une belle évolution et d’une révélation des aromes tertiaires marqueurs des terroirs, ces gens là osent tout, et comme disait Audiard…

J’ai un profond respect pour ceux qui à force de travail, d’expertise, d’écoute, d’échange enfin de tout ce qui fait le bonheur de faire ce métier, partent d’un terroir pour en faire un vin. Lundi dernier à Bordeaux lors de la présentation des primeurs, j’ai eu l’occasion de déguster quelques 2010 dans un salon Biodyvin , là, pas de vins « stylés » (voir plus haut). Par respect pour tous ces gens, SVP, arrêté de consommer des vins dont les défauts font la qualité.

Comme trop de bois, comme trop de techno, LE nature dénature.

Posté par jeff carrel à 15:17 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Quand LE nature dénature

    J'ai remarqué que les meilleurs vins naturels que j'ai goûté étaient fait par des vignerons qui ne se revendiquaient pas de cette mouvance!

    Posté par JLT, 13 avril 2011 à 15:48 | | Répondre
  • superbe blog!

    Posté par Joelaindien, 17 juin 2011 à 17:55 | | Répondre
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